La méthode d’Alembert est présentée comme la « martingale douce » : on augmente la mise d’une unité après une perte, on la baisse d’une unité après un gain. Moins violente que la martingale classique, elle séduit les parieurs qui veulent une progression plus raisonnable. Mais est-elle vraiment rentable ? Nous l’avons testée sur 5 000 parcours simulés pour répondre avec des chiffres.
En bref : d’Alembert ne crée aucun avantage. Sur 1 000 paris à cote 2,00 sans avantage réel, 93 % des parcours simulés se retrouvent bloqués faute de bankroll, contre 2 % avec une mise fixe.
Le principe de la méthode d’Alembert
La méthode est attribuée au mathématicien Jean Le Rond d’Alembert (XVIIIe siècle) et repose sur une idée d’équilibre : après une série de défaites, une victoire devrait « rattraper » les pertes. Les règles tiennent en quatre lignes :
- Tu fixes une mise de base, par exemple 1 unité (1 % de ta bankroll).
- Après un pari perdu, tu ajoutes 1 unité à la mise suivante.
- Après un pari gagné, tu retires 1 unité, sans jamais descendre sous la mise de base.
- Tu joues des paris à cote proche de 2,00.
Un exemple sur 10 paris
Mise de base de 10 €, cote 2,00 sur chaque pari, 5 victoires et 5 défaites :
| Pari | Mise | Résultat | Gain / perte | Cumul |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 10 € | Perdu | −10 € | −10 € |
| 2 | 20 € | Perdu | −20 € | −30 € |
| 3 | 30 € | Gagné | +30 € | 0 € |
| 4 | 20 € | Gagné | +20 € | +20 € |
| 5 | 10 € | Perdu | −10 € | +10 € |
| 6 | 20 € | Gagné | +20 € | +30 € |
| 7 | 10 € | Gagné | +10 € | +40 € |
| 8 | 10 € | Perdu | −10 € | +30 € |
| 9 | 20 € | Perdu | −20 € | +10 € |
| 10 | 30 € | Gagné | +30 € | +40 € |
C’est tout le charme de la méthode : à nombre égal de victoires et de défaites, on termine en gain (ici +40 €, soit 4 unités), au maximum 1 unité par couple victoire-défaite. Le piège, c’est que ce résultat suppose de gagner autant de paris qu’on en perd à cote 2,00. Or les bookmakers prélèvent une marge : pour un pari proposé à 2,00, la vraie probabilité est en général inférieure à 50 %.
Notre simulation sur 5 000 parcours
Pour mesurer ce que vaut vraiment la méthode, nous avons simulé 5 000 parieurs (méthode de Monte-Carlo) dans trois situations, toujours à cote 2,00, avec une bankroll de 1 000 € et une mise de base de 10 € :
- Situation A, sans avantage : 48,75 % de réussite, soit une perte moyenne de 2,5 % par euro misé (une marge de bookmaker classique).
- Situation B, pari équitable : 50 % de réussite, sans aucune marge.
- Situation C, avec un avantage réel : 52 % de réussite (+4 % par euro misé), ce que très peu de parieurs atteignent durablement.
Un parcours est « bloqué » lorsque la mise demandée par le système dépasse la bankroll restante. Voici les résultats pour la situation A, comparés à une simple mise fixe de 10 € :
| Horizon | Système | Parcours bloqués | Parcours gagnants | Bankroll médiane finale |
|---|---|---|---|---|
| 200 paris | Mise fixe | 0 % | 33 % | 960 € |
| 200 paris | d’Alembert | 55 % | 40 % | 150 € |
| 1 000 paris | Mise fixe | 2 % | 21 % | 760 € |
| 1 000 paris | d’Alembert | 93 % | 7 % | 100 € |
Sur 200 paris, d’Alembert finit plus souvent dans le vert (40 % contre 33 %) : c’est ce qui donne l’impression que la méthode fonctionne, avec de petits gains fréquents. Mais dans 55 % des parcours le système s’est bloqué, et la bankroll médiane tombe à 150 € contre 960 € en mise fixe. Sur 1 000 paris, le résultat est sans appel : 93 % des parcours sont bloqués et seulement 7 % finissent gagnants.
Même avec un avantage, la mise fixe fait mieux
On pourrait croire que d’Alembert devient intéressant quand on a un vrai avantage. La simulation montre l’inverse (1 000 paris) :
| Situation | Système | Parcours bloqués | Parcours gagnants | Bankroll médiane finale |
|---|---|---|---|---|
| B : 50 % de réussite | Mise fixe | 0 % | 48 % | 1 000 € |
| B : 50 % de réussite | d’Alembert | 82 % | 18 % | 120 € |
| C : 52 % de réussite | Mise fixe | 0 % | 89 % | 1 400 € |
| C : 52 % de réussite | d’Alembert | 53 % | 47 % | 230 € |
Avec 52 % de réussite, la mise fixe gagne dans 89 % des cas et finit à 1 400 € en médiane. Avec d’Alembert, un parcours sur deux se bloque. La raison est simple : la méthode augmente les mises après les pertes, c’est-à-dire au moment où la bankroll est la plus basse. Elle gaspille ton avantage au lieu de l’exploiter.
Pourquoi d’Alembert ne peut pas être rentable
Sur un pari dont l’espérance est négative, aucune règle de mise ne la rend positive : la perte attendue est toujours égale à la marge multipliée par le total misé. Modifier le montant des mises ne change donc pas le signe du résultat. Pire : d’Alembert fait grimper le total misé, donc la perte attendue en euros. Ce qu’elle change, c’est la forme du résultat : beaucoup de petits gains, et de temps en temps une grosse perte qui efface tout.
Peut-on quand même l’utiliser ?
On peut en faire un jeu de progression pour s’amuser, à condition de respecter trois règles : plafonner la progression (5 unités maximum par exemple), ne l’appliquer qu’à des paris où tu as un avantage réel, et ne jamais miser plus de 1 % de ta bankroll en mise de base. Dans tous les cas, une mise fixe reste plus sûre. Pour aller plus loin sur la gestion de bankroll, consulte notre article sur le critère de Kelly et notre guide GPS Gestion Paris Sportifs. Si tu cherches la logique inverse, qui augmente la mise après une victoire, lis notre article sur la méthode Paroli.
Questions fréquentes
La méthode d’Alembert est-elle plus sûre que la martingale ?
Les mises montent moins vite (+1 unité au lieu de ×2), donc le blocage arrive moins brutalement. Mais le risque reste majeur : sur 1 000 paris, 93 % des parcours simulés sont bloqués avec d’Alembert, contre 96 % avec la martingale classique.
Quelle mise de base choisir ?
1 % de ta bankroll au maximum. Une mise de base plus petite retarde le blocage, mais ne change pas l’espérance : la méthode reste perdante sur des paris sans avantage.
La méthode fonctionne-t-elle avec d’autres cotes que 2,00 ?
Son équilibre (1 unité par couple victoire-défaite) n’est valable qu’à cote 2,00. À cote 1,50, une victoire ne rembourse que la moitié de la défaite précédente : la progression d’une unité ne suffit plus à compenser.
Peut-on gagner avec d’Alembert à court terme ?
Oui, c’est possible : 40 % des parcours simulés finissent gagnants sur 200 paris. Mais ce résultat ne se maintient pas dans la durée et s’accompagne d’un risque de blocage supérieur à 50 %.
Comparer avec les autres systèmes de mise
Nous avons appliqué les mêmes simulations à la martingale, à Paroli, à Labouchère et à Fibonacci : retrouve tous les résultats dans notre comparatif des systèmes de mise avec simulation.
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).







