Le système danois, aussi appelé martingale danoise, se présente comme une martingale plus douce. Après chaque perte, il augmente un peu la mise et un peu la cote, au lieu de doubler la mise comme la martingale classique. Un seul gain suffit à effacer toute la série de pertes. Nous l’avons testé sur 5 000 parcours simulés, avec les mêmes réglages que nos autres tests de méthodes de mise.
En bref : la martingale danoise gagne souvent un peu, mais sa cote monte à chaque perte, donc ses chances de gagner baissent au moment où la mise est la plus lourde. Sur 1 000 paris avec une marge de bookmaker classique, 88 % des parcours se bloquent et la bankroll médiane tombe à 105 €, contre 740 € en mise fixe.
Comment fonctionne la martingale danoise
- Tu commences avec 1 unité sur une cote de 1,50.
- Après chaque perte, tu ajoutes 1 unité à ta mise et 0,50 à la cote visée.
- Dès qu’un pari passe, la série s’arrête et tu repars de 1 unité à 1,50.
Contrairement à la martingale (1, 2, 4, 8, 16…), la mise progresse de façon arithmétique (1, 2, 3, 4, 5…), comme avec la méthode d’Alembert. La différence, c’est la cote, qui monte en même temps que la mise.
Un exemple chiffré
Avec une unité de 10 € :
| Palier | Mise | Cote visée | Total misé | Bénéfice net si le pari passe |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 10 € | 1,50 | 10 € | +5 € |
| 2 | 20 € | 2,00 | 30 € | +10 € |
| 3 | 30 € | 2,50 | 60 € | +15 € |
| 4 | 40 € | 3,00 | 100 € | +20 € |
| 5 | 50 € | 3,50 | 150 € | +25 € |
Le calcul tombe toujours juste : quel que soit le palier où le pari passe, le bénéfice net vaut la moitié du numéro du palier, en unités. Au 5e palier, 50 € à 3,50 rapportent 175 € pour 150 € misés, soit +25 €. C’est l’argument des défenseurs de la méthode : la martingale ne rapporte jamais qu’une unité, alors qu’ici le bénéfice grandit avec la série.
Le piège : la probabilité baisse quand la mise monte
Chaque palier demande une cote plus haute, donc un pari moins probable. Avec une marge de bookmaker de 2,5 %, voici ce qui se passe au fil d’une série de pertes (unité de 10 €, bankroll de 1 000 €) :
| Palier | Cote | Mise | Chance que le pari passe | Chance d’atteindre ce palier | Total déjà engagé |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1,50 | 10 € | 65 % | 100 % | 10 € |
| 3 | 2,50 | 30 € | 39 % | 18 % | 60 € |
| 5 | 3,50 | 50 € | 28 % | 7,4 % | 150 € |
| 8 | 5,00 | 80 € | 20 % | 3,2 % | 360 € |
| 10 | 6,00 | 100 € | 16 % | 2,1 % | 550 € |
| 13 | 7,50 | 130 € | 13 % | 1,3 % | 910 € |
La chance d’atteindre les paliers élevés baisse lentement, car chaque nouveau pari est moins probable que le précédent. Environ une série sur 80 atteint le 13e palier, où plus de 900 € sont déjà engagés : avec 1 000 € de bankroll, la suivante n’est plus jouable. Une série sur 80, cela paraît rare, mais sur 1 000 paris tu joues plusieurs centaines de séries.
La martingale danoise testée sur 5 000 parcours
Comme pour nos autres tests, nous avons simulé 5 000 parieurs (selon la méthode de Monte-Carlo) avec une bankroll de 1 000 € et une unité de 10 €. La mise fixe, d’Alembert et la martingale jouent à la cote 2,00 ; le système danois suit ses propres cotes. Un parcours est « bloqué » quand la mise demandée dépasse la bankroll restante.
Avec une marge de bookmaker classique (2,5 %) :
| Horizon | Système | Parcours bloqués | Parcours gagnants | Bankroll médiane finale |
|---|---|---|---|---|
| 200 paris | Mise fixe | 0 % | 33 % | 940 € |
| 200 paris | D’Alembert | 54 % | 41 % | 150 € |
| 200 paris | Martingale | 69 % | 31 % | 520 € |
| 200 paris | Système danois | 55 % | 44 % | 145 € |
| 1 000 paris | Mise fixe | 2 % | 21 % | 740 € |
| 1 000 paris | D’Alembert | 94 % | 6 % | 100 € |
| 1 000 paris | Martingale | 95 % | 16 % | 510 € |
| 1 000 paris | Système danois | 88 % | 12 % | 105 € |
Sur 200 paris, la martingale danoise finit plus souvent gagnant que la mise fixe (44 % contre 33 %) : c’est ce qui donne l’impression qu’il fonctionne. Mais un parcours sur deux est déjà bloqué. Sur 1 000 paris, 88 % des parcours se bloquent et la bankroll médiane tombe à 105 €.
La martingale a une médiane plus haute (510 €) car, une fois bloquée, elle laisse souvent une partie de la bankroll intacte : il lui manque juste de quoi doubler une dernière fois. Le système danois, lui, grignote la bankroll jusqu’au bout.
Même avec un avantage, la mise fixe fait mieux
On pourrait croire que la méthode devient intéressante pour un parieur qui a un vrai avantage. Avec 4 % d’avantage sur chaque pari, sur 1 000 paris :
| Système | Parcours bloqués | Parcours gagnants | Bankroll médiane finale |
|---|---|---|---|
| Mise fixe | 0 % | 89 % | 1 400 € |
| D’Alembert | 54 % | 46 % | 220 € |
| Martingale | 87 % | 29 % | 570 € |
| Système danois | 77 % | 23 % | 120 € |
La mise fixe gagne dans 89 % des cas, le système danois dans 23 %. La progression gaspille l’avantage au lieu de l’exploiter : elle engage les plus grosses mises au pire moment, après une série de pertes, et sur les paris les moins probables.
Pourquoi la martingale danoise ne peut pas être rentable
- Elle ne change pas l’espérance : sur des paris à espérance négative, aucune séquence de mises ne crée de gain à long terme.
- Elle force la cote : après quatre pertes, tu dois trouver un pari à 3,50, que ce pari ait de la valeur ou non. La méthode choisit tes paris à ta place.
- Elle pousse à courir après ses pertes : les mises montent précisément quand tu es sous pression (voir courir après ses pertes).
Système danois : l’essentiel
Des gains fréquents et un bénéfice qui grandit avec la série, mais des chances qui baissent quand la mise monte.
Sur 1 000 paris, 88 % des parcours se bloquent : la mise fixe reste plus sûre, avec ou sans avantage.
Questions fréquentes
Quelle différence entre le système danois et la martingale ?
La martingale double la mise à cote constante et ne rapporte qu’une unité. Le système danois ajoute une unité à la mise et 0,50 à la cote après chaque perte, et son bénéfice grandit avec la série.
La martingale danoise est-elle moins risquée que la martingale classique ?
Ses mises montent moins vite, mais il se bloque presque aussi souvent sur la durée (88 % contre 95 % sur 1 000 paris dans notre simulation) et laisse en général une bankroll plus basse.
Peut-on utiliser un autre pas de cote ?
Oui, certains utilisent +0,25 ou +1,00. Un petit pas réduit le bénéfice par série, un grand pas rend les paliers élevés encore moins probables. Le défaut de fond reste le même.
Aller plus loin
- Martingale, d’Alembert, Paroli, Labouchère : le comparatif
- La méthode d’Alembert : test sur 5 000 simulations
- Contre-d’Alembert : test sur 5 000 simulations
- Plans de mise : le comparatif de toutes les méthodes
- Risque de ruine : combien miser
⚠️ Avertissement important
Aucune progression de mise ne rend un pari gagnant : elle change seulement la répartition des résultats. Ne mise jamais plus que ce que tu peux te permettre de perdre.






