La méthode Fibonacci fait partie des progressions de mise les plus citées sur les matchs nuls. Son attrait est simple : on augmente la mise après une perte, mais plus doucement qu’avec une martingale classique. Seulement voilà : une progression de mise ne crée aucun avantage. Ce qui fait gagner ou perdre sur la durée, c’est le taux de réussite et la cote des nuls que tu joues.
Dans cet article, nous voyons le principe, un exemple chiffré, ce que disent les études, puis ce que nos essais de JK Diego et de 1XDraw nous ont appris. Si tu veux comparer avec d’autres progressions, notre comparatif avec simulation les met toutes côte à côte ; pour une approche différente sur les nuls, lis aussi la méthode Lay the Draw.
Sommaire
- Le principe de la méthode Fibonacci
- Un exemple chiffré
- Ce que disent les études
- Le vrai problème : les mauvaises séries
- JK Diego : quand la progression s’effondre
- 1XDraw : la sélection plutôt que la progression
- Si tu veux quand même tester Fibonacci
- Questions fréquentes
Le principe de la méthode Fibonacci
La suite de Fibonacci commence par 1, 1, puis chaque nombre est la somme des deux précédents : 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144…
Appliquée aux paris sur les nuls, la règle classique est la suivante :
- on joue un match nul, avec une mise égale au cran de la suite (en unités) ;
- après un pari perdu, on passe au cran suivant ;
- après un pari gagné, on recule de deux crans (ou on repart de 1 si on est au début de la suite).
L’idée est qu’un nul gagné à une cote de 3,00 à 3,50 environ rembourse plusieurs paris perdus. Contrairement à une martingale qui double la mise, la suite reste basse au début (1, 1, 2, 3, 5…), ce qui donne une impression de sécurité. Nous allons voir que cette impression est trompeuse.
Un exemple chiffré de la méthode Fibonacci
Voici ce que donne une série qui démarre à 1 unité, avec un nul gagné à la cote de 3,30 au pari n° N. Pour simplifier, on suppose que la série repart de 1 après le gain (la règle classique recule seulement de deux crans).
| Nul gagné au pari n° | Mise (unités) | Total misé depuis le début | Retour à la cote 3,30 | Bilan de la série |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 | 1 | 3,3 | +2,3 |
| 2 | 1 | 2 | 3,3 | +1,3 |
| 3 | 2 | 4 | 6,6 | +2,6 |
| 4 | 3 | 7 | 9,9 | +2,9 |
| 5 | 5 | 12 | 16,5 | +4,5 |
| 6 | 8 | 20 | 26,4 | +6,4 |
| 8 | 21 | 54 | 69,3 | +15,3 |
| 10 | 55 | 143 | 181,5 | +38,5 |
| 11 | 89 | 232 | 293,7 | +61,7 |
| 12 | 144 | 376 | 475,2 | +99,2 |
Lecture : dix paris perdus d’affilée coûtent 143 unités. Au onzième pari, il faut miser 89 unités pour récupérer le tout et dégager 61,7 unités de bénéfice. Autrement dit, on risque de plus en plus gros pour un gain final modeste, et la mise du 12e pari vaut 144 fois la mise de départ.
Ce que disent les études
La méthode a été étudiée par des économistes, avec des conclusions opposées :
- Archontakis et Osborne (2007) l’appliquent aux nuls des phases finales de Coupe du monde et concluent à un profit espéré, mais avec un risque assez élevé ;
- Demir, Danis et Rigoni (2012) l’appliquent à 8 championnats européens (saisons 2005/06 à 2008/09) et trouvent des rendements positifs, à condition de disposer d’une trésorerie suffisante pour encaisser les séries perdantes ;
- Lahvicka (2013) reprend la stratégie sur près de 60 000 matchs européens : toutes les versions testées perdent de l’argent.
Les résultats ne sont donc pas concluants, et l’étude qui porte sur le plus grand échantillon contredit les précédentes. La conclusion prudente est que Fibonacci ne suffit pas, à elle seule, à battre les bookmakers. Les références sont en bas de page.
Le vrai problème : les mauvaises séries
Avec un tipster qui trouve 30 % de nuls (ce qui est déjà un très bon niveau), la probabilité qu’une série qui démarre à 1 enchaîne au moins N pertes d’affilée se calcule en 0,70 puissance N :
| Pertes d’affilée | Probabilité (taux de réussite 30 %) | Mise du pari suivant |
|---|---|---|
| 5 | 16,8 % | 8 unités |
| 8 | 5,8 % | 34 unités |
| 10 | 2,8 % | 89 unités |
| 12 | 1,4 % | 233 unités |
Ces chiffres semblent rassurants, mais ils concernent une seule série. Sur des centaines de paris, on enchaîne de nombreuses séries, et une longue série perdante finit par arriver.
Autre point souvent ignoré : le rapport entre deux mises successives de la suite tend vers 1,618. Sur la durée, Fibonacci augmente donc plus vite qu’une progression ×1,5. Comparaison des mises et des pertes cumulées :
| Méthode | Mise la plus haute | Perte cumulée |
|---|---|---|
| Mise fixe | 1 unité | 10 unités après 10 paris perdus |
| Méthode Pronotest 1/3/5/6/7/8 | 8 unités | 30 unités maximum (la série s’arrête) |
| ×1,5 plafonnée à 10 paris (méthode de JK Diego) | environ 38 unités | environ 113 unités après 10 paris perdus |
| Fibonacci sans arrêt | 55 unités | 143 unités après 10 paris perdus |
Nous avons détaillé la logique de ces progressions dans notre article Les martingales : roulette vs paris sportifs, et notre propre alternative dans Nos méthodes de mise originales sur les matchs nuls. Pour des progressions plus douces, voir la méthode d’Alembert et la méthode Paroli, testées sur 5 000 simulations.
JK Diego : quand la progression s’effondre
Notre essai de JK Diego 2024-25 est un cas concret. JK Diego ne joue que des nuls, souvent dans des championnats exotiques, et recommande lui-même une progression ×1,5 plafonnée à 10 paris, c’est-à-dire une martingale. Voici les résultats sur 349 paris, du 1er janvier au 31 juillet 2025, avec une unité de 10 € :
| Méthode de mise | Bilan | Yield |
|---|---|---|
| Mise fixe | +240,60 € | +11,16 % |
| Méthode Pronotest 1/3/5/6/7/8 | +646,80 € | +6,10 % |
| Progression ×1,5 | −879,00 € | −6,72 % |
Pendant six mois, la progression ×1,5 a donné d’excellents résultats. Puis le double mauvais passage de juillet a effacé tous les gains et même davantage. Un très bon tipster peut avoir une mauvaise série, et une progression de mise transforme alors un mauvais passage en catastrophe. Notre conclusion : la mise fixe est la manière la plus raisonnable de le suivre, et le service (498 $ par mois) s’adresse à de grosses bankrolls. Notre premier essai de 2019 est également disponible : J.K. Diego System. Pour découvrir le service : site officiel de JK Diego.
1XDraw : la sélection plutôt que la progression
1XDraw adopte la logique inverse : environ 25 nuls par mois, avec une mise fixe de 1 à 3 unités selon le niveau de confiance (système Flat123) et aucune martingale. Voici les résultats de notre essai, du 1er octobre 2025 au 31 mars 2026, sur 361 paris (unité de 10 €) :
| Système de mise | Bilan | Yield |
|---|---|---|
| Flat123 (1 à 3 unités) | +482,20 € | +11,37 % |
| Risk10 (10 % de la bankroll les jours de paris) | +3 884,00 € | +22,69 % |
Les deux systèmes sont gagnants sur cet essai, mais Risk10 engage 10 % de la bankroll chaque jour de paris, y compris sur un pari unique : c’est spectaculaire quand ça passe et brutal quand ça ne passe pas. Ces résultats concernent uniquement notre période d’essai et ne garantissent rien pour la suite. L’abonnement était à 25 € par mois via notre lien lors de l’essai (tarif à vérifier sur le site) : site officiel de 1XDraw.
Si tu veux quand même tester la méthode Fibonacci
- Plafonne la progression : choisis à l’avance le cran maximal (par exemple le 8e, soit 21 unités) et accepte de perdre la série s’il est atteint.
- Calcule la perte maximale : jusqu’au 8e cran, une série perdante coûte 54 unités. Choisis une unité telle que cette perte reste supportable pour ta bankroll.
- Suis un tipster dont les résultats sont détaillés et publiés, et compare toujours avec la mise fixe : si la progression ne fait pas mieux sur l’historique, elle ne sert à rien.
- Reste raisonnable sur la bankroll : n’engage jamais d’argent dont tu as besoin pour vivre.
Pour des nuls cotés autour de 3, la qualité des cotes compte beaucoup, et les nuls exotiques ne sont pas toujours disponibles chez les bookmakers agréés par l’ANJ. Un broker comme AsianConnect donne accès à Pinnacle, mais avec des risques : lis notre guide AsianConnect.
⚠️ Avertissement important
AsianConnect et les bookmakers auxquels il donne accès ne sont pas agréés par l’ANJ : ils ne sont pas autorisés en France. Ce sont des plateformes plus risquées que les bookmakers agréés.
- Ton compte peut être gelé à tout moment et tes fonds perdus.
- Aucun recours possible en cas de problème : ni l’ANJ ni la justice française ne peuvent intervenir.
Notre bilan sur la méthode Fibonacci
La méthode Fibonacci ne rend pas un pari meilleur : elle change seulement la répartition des gains et des pertes.
Les mises montent vite pour un gain final modeste, et les études se contredisent.
Sur nos essais, la mise fixe s’est montrée plus sûre que la progression.
Questions fréquentes
La méthode Fibonacci est-elle une martingale ?
Oui, au sens où elle augmente la mise après une perte. Elle démarre plus lentement que le doublement, mais le rapport entre deux mises tend vers 1,618, donc elle dépasse un ×1,5 sur la durée.
La méthode Fibonacci garantit-elle un gain ?
Non. Une progression de mise ne change pas la qualité des paris : elle modifie seulement la façon dont les gains et les pertes se répartissent dans le temps. Nous avons aussi détaillé la méthode Labouchère, avec le même constat.
Quelle méthode de mise choisir sur les nuls ?
La mise fixe reste la plus simple et la plus prudente. Notre méthode 1/3/5/6/7/8 plafonne la perte d’une série à 30 unités, comme expliqué dans notre article dédié.
Quels tipsters jouent des matchs nuls ?
Nous avons testé plusieurs services spécialisés. Les deux qui figurent dans notre Best Of sont JK Diego et 1XDraw, présentés plus haut.
Aller plus loin
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- Compare avec les autres progressions : le comparatif martingale, d’Alembert, Paroli et Labouchère.
- Lis aussi la méthode Lay the Draw.
Les jeux d’argent comportent des risques : endettement, isolement, dépendance. Interdit aux moins de 18 ans. Joueurs Info Service : 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).
Références
- Archontakis et Osborne (2007), Playing it Safe? A Fibonacci Strategy for Soccer Betting, Journal of Sports Economics
- Demir, Danis et Rigoni (2012), A Cross-Country Investigation Using the Fibonacci Strategy
- Lahvicka (2013), The Fibonacci Strategy Revisited: Can You Really Make Money by Betting on Soccer Draws?







